120 battements par minute

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L’association Rive se mobilise à l’occasion de la sortie du film « 120 battements par minute », qui a suscité l’émotion et décroché le grand prix du jury du Festival de Cannes. Une conférence de presse a été organisée vendredi 18 août afin de rappeler l’importance du sida et cette époque dramatique où les personnes contaminées étaient condamnées à mourir dans l’indifférence et le rejet de leurs proches.

Le Dr Catherine Gaud, présidente de Rive, rappelle ces moments sombres jusqu’à l’arrivée de la trithérapie en 1996, qui changea le destin des patients, notamment ceux qu’elle suivait au CHD de Bellepierre. L’espoir de vivre était de nouveau présent malgré la lourdeur des traitements. Cependant, le regard apeuré des gens ignorants, plein de jugement et accusateur, tuaient tout autant que la maladie, poussant à l’isolement, l’auto-discrimination, l’auto-stigmatisation dans la tristesse et la culpabilité. On parlait alors de mort sociale où les « séropos » recevaient une double-peine : victime de la maladie et condamné par la société.

C’est également l’occasion de rappeler que le sida reste mortel encore aujourd’hui s’il n’est pas dépisté et traité et que d’autres infections sexuellement transmissibles sont en pleine recrudescence à La Réunion, comme la syphilis, le chlamydiae ou encore le gonocoque. Ces infections peuvent engendrer des problèmes graves si elles ne sont pas dépistées et soignées.

film120batCe film relate les actions des militants d’Act Up-Paris au début des années 90 alors que le sida tue depuis près de dix ans dans l’indifférence générale. Les personnages nous emmènent dans les moments de doute, de colère, de revendication et d’actions coup de poing de cette association, écorchée vive. Ce film est dédié aux malades disparus et à ceux qui luttent encore.

Le film sort mercredi 23 août dans le réseau des salles MauRéfilms, plus d’infos sur cine-reunion.com